Accueil Uncategorized Haïti en dessous des gratte-ciel de Singapour et de Cuba

Haïti en dessous des gratte-ciel de Singapour et de Cuba

1454
0
PARTAGER

Trois îles, trois histoires différentes, mais elles connaissent toutes des dictateurs récemment décédés entre 2014 et 2016, ironie de l’histoire. Haïti et Cuba sont répertoriés parmi les grandes Antilles des Caraïbes mais Singapour se trouve à l’autre bout du monde en Asie du sud-Est avec uniquement 700 km2 pour 5.5 millions d’habitants. Ils occupent une place de choix dans l’historiographie mondiale. L’une pour être la première république noire du monde ayant aboli l’esclavage en 1804 mais stagne encore dans la pauvreté et la corruption (Haïti). Une autre pour être le paradis des enfants (Cuba). Et le troisième pour être le pays de tous les miracles (Singapour).

Au tournant des années 50, trois dictateurs s’emparent du pouvoir politique de leur pays. Deux sont mondialement reconnus grâce à leurs prouesses, pour avoir propulsé leur pays à occuper une place considérable au concert des nations et d’être les principaux adeptes du développement durable. Cuba et Singapour s’intéressent de plus en plus au mode de vie de leur génération future contrairement à Haïti qui peine à satisfaire les besoins en électricité au XXIe siècle.

Le dictateur François Duvalier, MEDECIN, a conquis par la voie des urnes le pouvoir en 1957 pour le donner en legs à son fils en 1971. Certes, la circulation des personnes à n’importe quelle durée du jour était garantie en toute sécurité. Le banditisme social était contenu. L’État avait le contrôle des armes et de chacun des sujets de Duvalier. Mais ils ont dilapidé, lui et son fils, une trentaine d’années, dans une dictature sanguinaire, destructrice, vainement liberticide et la tant défendue des ancêtres, Haïti gît encore dans l’extrême pauvreté après 213 ans d’indépendance contrairement à Singapour, 50 ans à peine.

Fidel Castro, AVOCAT, en 1959, s’est saisi du pouvoir cubain à l’aide de son ami Ernesto Tché Guévera, a fait de cette île ce qu’elle est aujourd’hui. Un pays avec le plus grand taux de médecins au monde, le plus faible taux de mortalité infantile et d’analphabète au monde, soit 0,02% selon France diplomatique en 2016. Aussi, une culture florissante soit-elle qui attire des millions de tourisme chaque année.

Lee Kuan Yew, AVOCAT, Père de l’indépendance de Singapour, a pris le pouvoir en 1959 fait de son pays l’un des plus attrayants au monde. Grâce à ce dictateur progressiste, Singapour est l’un des pays les plus convoités de l’Asie et du monde. Il est le lauréat de tous les miracles. Et Barack OBAMA le décrit comme le géant de l’Histoire (Le Monde 2015). Son charisme a fasciné tout un peuple et dans la mémoire de tout singapourien reste gravée cette phrase : « La grandeur d’une nation ne se mesure pas uniquement à sa taille. C’est la volonté de son peuple, et la réalité de ses dirigeants qui lui assurent une place honorable dans l’histoire ».

Singapour a passé en cinquante ans de pays pauvre sans ressources naturelles au pays développé (1966-2016). Il s’est doté de l’aéroport le plus moderne, le plus attrayant et le plus visité de l’Asie et du monde, du port le plus rentable et actif de l’Asie. Ce pays n’a rien de ressources naturelles (répétition), ni d’eau potable mais paradoxalement il est agréable d’y vivre quoiqu’à une température toujours au-dessus de 30°. Il est dénommé ville-jardin en Asie. Au cœur de Singapour des vues et des endroits luxuriants pour une bonne randonnée vous fascinent l’esprit.

L’action sociale et les services sociaux de cette cité-état fait que 80% de la population vit dans des logements sociaux où tous les besoins sociaux de base y sont présents. L’insécurité est complètement bannie. Les piétons circulent à n’importe quelle heure de la journée ou de la nuit. Des caméras sont partout installées pour anticiper les incidents des usagers de la route. Contrairement à Haïti où, les citoyens sont entassés comme des sardines dans des camionnettes mal fagotées, scabreuses, le transport est réservé à l’initiative d’un simple chercheur de vivres, mais à Singapour le transport en commun est encouragé et confortable au détriment du transport privé, un véritable luxe contrôlé en détails. En Haïti, nous faisons qu’assister aux spectacles permanents des piles d’immondices et de détritus, les camionnettes avec les marchands de toute sorte d’objets qui discutent de l’occupation des exigus trottoirs.

A Singapour, l’Administration Publique est gérée comme une entreprise où les fonctionnaires sont obsédés par la performance, l’efficacité et la productivité à l’opposé d’Haïti où elle est une boutique de famille. La corruption est totalement bannie. Non seulement les fonctionnaires sont bien traités mais les corrupteurs sont sévèrement punis, envoyés en prison et sujets à des châtiments corporels.
Le système est méritocratique contrairement à Haïti où un jeune est obligé de se livrer dans l’immoralité pour décrocher un emploi déguisé. L’origine, l’université et la nationalité importent peu pour être embauché, rémunéré et promu. L’important c’est d’être compétent productif et efficace. Recruter les meilleurs est la règle à Singapour contrairement à Haïti où un grand nombre de médiocres occupent les postes de direction. Le chômage est à 2%. Les employeurs sont plus fidèles que les salariés pour ne pas les perdre un bon matin car trouver un emploi c’est comme se réveiller du sommeil.

Le climat sécuritaire et la sécurité juridique favorisent grandement les investisseurs. L’État protège, encourage et soutient les investissements privés. La fiscalité est souple et cinq minutes suffisent pour la création d’une entreprise. Or en Haïti, l’investissement privé n’est pas garanti. Les éternels manifestants ont pour cibles les entreprises et les voitures. Pour investir en Haïti, il faut aussi payer une caution aux dirigeants corrupteurs. Or le développement passe par les capitaux. L’économie singapourienne est toujours florissante depuis cinquante ans et est tournée vers l’installation d’entreprises étrangères.

L’amour de la patrie singapourienne est enseigné au plus jeune âge contrairement à Haïti où l’enseignement du civisme est édicté de notre cursus fondamental. Le cubain de son côté est prêt à défendre sa patrie. Chaque cubain est un militaire potentiel. Pourtant, seule une recherche approfondie permettra de trouver un haïtien qui aime Haïti réellement si ce n’est pour sa poche. Ils sont tous en transit. Personne ne veut faire du pays mais du beurre. Nous avons une bourgeoisie moribonde croyant de plus en plus dans l’importation que dans la production. Or pas développement avec l’importation, sans de véritables investissements et de production.

Singapour est le laboratoire du futur. L’espace aérien, faute d’espace terrestre, est habité et le sous-sol est en exploration. Tout est mis à l’expérience là-bas alors Haïti est celle de la délinquance et de la prostitution politique. Notre principale expérimentation est la recherche de nouveaux moyens de destruction d’autrui.

Aujourd’hui, il est osé de comparer Haïti ni avec Cuba, encore moins avec le Singapour qui a devancé beaucoup de puissances mondiales, tant au niveau de l’éducation, de la sécurité, de l’investissement, de la sécurité sociale que du tourisme, etc… Le Singapour vise le meilleur système éducatif au monde et il y arrivera car l’éducation est déjà de très bonne facture. Des investisseurs en témoignent sur France 2.
Aujourd’hui, nos alliés dans la pauvreté comme l’Éthiopie deviennent des destinations touristiques convoitées et sont sujets à être classés parmi les nouveaux eldorados de la planète. Nous sommes pauvres et éhontés. Encore au XXIe s, nous offrons au monde entier les spectacles politiques les plus fades, dégoutés et rebutés du monde. Notre élite intellectuelle et politique incite même à la violence. C’est une honte !

Entre Cuba et Singapour, deux îles qui ont connu la dictature mais progressiste. Haïti a prouvé qu’elle contient la plus mauvaise composante de la plus pire espèce du monde, prêt à tout pour arriver à leurs fins: l’être humain.

Lee Kwan Yew est mort en 2015, Fidel Castro en 2016, respectivement à 91 et 90 ans, et ont laissé des pays florissants et vivables mais Duvalier Fils, héritier politique de son père, est mort en 2014 à 63 ans, a laissé un pays encore ruiné et sous-développé. Ils ont gaspillé leurs trente ans de dictature et nous a fait rentrer dans un cercle démocratique vicié à la base pour lequel nous n’étions de loin pas encore prêts. Aujourd’hui, c’est la démocratie et les droits de l’Homme en Haïti. Quelle génération sera prête à se sacrifier ou à être sacrifiée au bénéfice de nos descendants, nos générations futures. Il n’y a pas de prouesses sans sacrifices consentis. Au final, nous resterons des …. ?

Me Endy Frédéric, Av.

https://www.facebook.com/J.Endy.Frederic/

Références : Documentaire France 2 et TV5 Monde.
Le Monde
Francisco Moreno dans contrepoints.
France Diplomatique
Transparence International
OMS

LAISSER UN COMMENTAIRE