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ELECTIONS EN HAITI CE DIMANCHE 20 NOVEMBRE 2016, LE COMPTE A REBOURS …

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COMMENT GAGNER LES ELECTIONS PRESIDENTIELLES:

Dans la real. politique haïtienne contemporaine, il y a une manière de gagner les élections. Tiens, j’en ris moi-même de dire cela…Et si c’était vrai… De fait, paradoxalement, ce ne sont pas les sondages positifs issus des intentions de vote qui font gagner les élections présidentielles en Haïti. Pas seulement en Haïti, d’ailleurs, de plus en plus, aux Etats Unis d’Amérique, la première puissance mondiale, on vient juste de le voir, si les sondages comptaient pour quelque chose, Hilary Clinton serait élue Président des Etats Unis, haut les mains. En Haïti, c’est pareil, depuis 1987, et surtout depuis les élections de 1990.

Ce n’est pas non plus, les tapages médiatiques, ou encore, en terme clair, ce n’est la presse qui fait gagner des élections présidentielles en Haïti. En 1990, Jean Bertrand Aristide ne serait pas élu. Quid de 1996, avec ce Préval de la première pluie, 1996-2001… Le cas de 2001, étant assez spécial, mieux vaut l’écarter de mon analyse. Trop de confusions à l’époque. Mais, pour l’année 2006, René Préval ne serait nullement élu si c’était pour la presse haïtienne en général, je parle ici des ténors qui ont soutenu ailleurs…. D’ailleurs, le candidat Préval lui-même, n’était presque jamais visible, et ne parlait que peu, ou par personne interposée… un muet. En 2010, a un autre niveau, c’est la même situation, Michel Martelly ne serait pas élu non plus, si c’était pour les supports ouverts et tapageurs de la presse, chez nous. L’histoire l’a montre systématiquement, chaque fois que la presse appuie un candidat à la présidence, ce dernier échoué, USA…. quid. Une fois de plus, aujourd’hui, aux Etats Unis, ce sont deux cents (200) medias en appui ouvert a madame Clinton, qui se retrouvent sur le banc en train de faire leur mea culpa, après avoir viole tous les codes déontologiques parfois, tandis que Monsieur Trump, avec peu de medias pour le supporter, six (6), seulement, selon certaines études, a réussi son élection, dans les normes électoraux américains.

Un troisième et dernier phénomène incroyable qui concerne Haïti, depuis les 30 dernières années aussi, ce ne sont pas vraiment les partis politiques traditionnels qui gagnent aux élections présidentielles… Il se révèle que ces partis politiques traditionnels, malgré parfois leur existence millénaire, ou encore leur présence médiatique à palabrer partout, ils n’ont pas, sur le terrain, la popularité adéquate pour gagner aux présidentielles. Pourtant, il doit y avoir une recette pour gagner, mes amis (es), pour célébrer, ouvrir le champagne et trinquer…

Concrètement, un candidat qui va aux élections et qui rêve de devenir président de la république , doit avoir un actif, une réputation, un bilan, parfois même, il doit avoir une gène, une génétique, un héritage familial, une descendance, il doit surtout faire campagne directe ou indirecte, une campagne de proximité, se faire connaitre , par tous les moyens. Il n’a pas besoin d’être aime de toute la république pour devenir président. Encore, la référence a monsieur Trump aux Etats Unis…Et bizarrement, c’est se faire connaitre en bien ou en mal…waouh, Je n’aime pas le mot : mal” d’autant que, sans être moraliste, je répugne le mal sous toutes ses formes. Mais, c’est hélas le cas en politique. En philosophie esthétique, aussi…en critique d’art, mieux vaut parler d’une œuvre d’art, en mal, que de l’ignorer…Catastrophe artistique. Or, mener campagne, c’est une bonne chose, mais cela ne suffit pas pour gagner…

Elections haïtiennes du 20 novembre, compte à rebours…Il nous reste en bref, dans les délais d’aujourd’hui, jeudi 17 novembre 2016, a ce dimanche 20 novembre 2106, soit même pas, 48 heures…trois mesures prendre si l’on veut gagner dimanche. Ce dimanche qui vient…D’abord, assurer une bonne planification de la journée du 20 novembre a tous les niveaux. Stratégique et logistique surtout. Toute la campagne qu’on peut avoir menée sur mille ans, tout se joue le jour J, a 80 pour cent, le jour du vote. De sorte que si il n’y a pas de mandats, par exemple, c’est foutu, et si les mandataires du parti, ou bien, du candidat, par exemple, sont foutus dehors comme cela été le cas la dernière fois, aux élections de 2015, avec le CEP de monsieur Opont, c’est foutu aussi. Si le dispositif humain-logistique sur place, n’arrive pas a manger seulement, a sa faim, ni a boire a sa soif, par exemple, c’est foutu. Si ce dispositif ne touche pas correctement sa gratification, ce jour la, selon le deal entre les partis concernes, c’est foutu. Si, enfin, les bulletins de vote, dans les bureaux de votes, sont mal remplis, c’est foutu…Faire l’éducation de nos votants, ou de nos électeurs potentiels, c’est capital.
Deuxième chose majeure a ne pas sous estimer pour gagner ce dimanche 20 novembre 2016, il faut absolument se tourner vers le centre de tabulation. Un trésor est cache dedans…dirait La Fontaine, notre fabuliste du 17e siècle. La saisie des voix, des votes, la saisie des bulletins, le comptage préliminaire, le calcul de base, les premières tendances, les bulletins classés, déclassés, reclassés, le résultat qui sera valide, enfin, d’abord par le CEP, puis par l’EXECUTIF, et enfin, par…

Le troisième facteur a ne jamais sous-estimer, c’est le rôle de l’international dans cette situation stressante du candidat qui va aux élections pour gagner. Pourtant c’est très simple, et cela ne concerne pas seulement la petite Haïti. De nos jours, le “choix” d’un chef d’Etat, ne relève pas seulement d’un processus démocratique, interne, intérieur, national, lie aux lois nationales et a une constitution nationale, le facteur transnational est capital. Madame Clinton l’a sans cesse dénoncé. Hélas…Ainsi, aux Etats-Unis, le rôle de la Russie, a été capital. C’est que les Grandes Puissances, les autres pays, a un niveau moindre, et moins influent, ont besoin d’interlocuteur fiable pour poursuivre leur politique internationale par exemple, donc pas question pour elles de se croiser les bras et d’attendre un résultat du vote, relevant d’une quelconque faveur de la démocratie…Pauvre démocratie…Le cas d’Haïti est encore plus complique. La position géopolitique d’Haïti, son Histoire, son avenir, son voisinage avec le voisin émergeant, rendent la tache plus difficile aux “donneurs de résultats” électoraux. Ne parlons même pas de l’ordinateur, de la machine qui fait la programmation…Urgent d’éviter tout procès d’intention. Tout compte fait, entre l’OEA, les Etats Unis, la France, le Canada, la République Dominicaine, et la MINUSTAH, toutes ces forces unies parfois sur un même territoire, mais pas toujours cohérentes non plus sur la décision finale, exacte a prendre, quel est le candidat qui sortira vainqueur…

Mais il y existe en réalité, toujours dans la real politique haïtienne, une dernière force, une dernière carte dont j’éviterais de parler ici dans cette analyse, pour ne pas être trop long, alors que l’histoire d’Haïti , durant toute cette période contemporaine, des élections de 1990, a celles de 2015, nous a montre que c’est elle, cette carte insoupçonnée, complexe et mystérieuse, qui a constamment permis de trancher…cette dernière carte, en tout cas, ce n’est pas moi.
Pradel HENRIQUEZ

 

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